Etude du métier conducteur de métro

En novembre 1996, j’ai participé à un projet de recherche, mené avec le Centre de Psychologie du Travail et Prévention professionnelle du Département des Ressources Humaines de la RATP et de l’équipe de recherche (ER 125) de l’Université Paris 8 sur l’élaboration d’un Test psychométrique qui permet d’évaluer les capacités de vigilance et d’attention partagée. Ce travail d’élaboration d’un cahier des charges s’est appuyé sur une étude de terrain de la situation de conduite.

Extrait de difficultés du métier de conducteur

Après quelques semaines à suivre une formation conducteurs de métro,  des entretiens de conducteurs novices, experts voire formateur à la conduite, et des observations de terrain,  voici un extrait des difficultés du métier de conducteur de métro  :

  • complexité de la signalisation : est liée au fait qu’un signal jaune a plusieurs sens, conduisant à des décisions différentes et obligeant au traitement d’une information complémentaire pour définir la bonne signification et donc la bonne action
  • nécessité à prendre des décisions rapidement
  • l’importance de l’évaluation des distances de freinage
  • la présence de situation de double tâche, où le conducteur doit surveiller la signalisation pendant qu’il est occupé à autre chose (partage d’attention)
  • des erreurs d’automatisation, lorsque le geste métier répond non pas au signal de référence mais à un indice qui lui est associé fréquemment
  • la monotonie qui peut être source de baisse de vigilance et favoriser les risques de distraction
  • le stress lié notamment à la récupération du retard aux périodes d’affluence
  • phénomène d’habitude, où le conducteur est toujours confronté aux mêmes signaux (l’environnement ne change pas), avec des processus top-down (voir § suivant)
  • ….
Publié dans Billets d'humeur